Couverture n°3 Albert Dupontel

Le N°3 que nous aurions aimé vous proposer.

Albert Dupontel,
un homme sensible !


Chers internautes, vous avez élu Albert Dupontel, homme sensible. Pour vous, nous l'avons rencontré...





NOUVEAU SONDAGE


Elisez votre prochain homme sensible !

Gad Elmaleh
Bénabar
Raymond Domenech
PPDA



Pere et Fils

PERE ET FILS :
Les Milteau






Robin, Le Masculin Sensible


AVERTISSEMENT : Chers internautes, nous ne sommes pas en mesure aujourd’hui de publier le n°3 de ROBIN. En revanche, par respect vis-à-vis des personnalités que nous avions interviewées et pour votre plaisir de lecteurs, nous avons décidé de mettre en ligne quelques contenus qui devaient figurer dans ce numéro. Vous en souhaitant une bonne lecture ! Bien cordialement, Christian Robin



Albert Dupontel : « La caméra attrape tout,
surtout ce qui vous échappe »


Propos recueillis par Claudine Colozzi et Olivier Villepreux.
Photos de Pascal Dacasa.


Albert Dupontel ne tient pas en place. On perçoit cette même fébrilité qui anime ses personnages, un état émotionnel qui les conduit parfois à disjoncter. Il pratique l’autodérision pour masquer ses doutes, parle vite, avide d’en dire le plus possible et soucieux de ne pas vous servir le même discours qu’au journaliste qui vous a précédé. Albert Dupontel ressemble à l’idée qu’on s’était faite de lui : lunaire, génialement barré, d’une humilité et d’une sincérité rassérénantes… A n’en pas douter, le bonhomme se fraye un chemin singulier mais cohérent dans le cinéma français. Son dernier film, en salles depuis le 5 avril, conçu comme un cartoon social, est une petite merveille drôle, tendre, truffée de clins d’œil et de références cinématographiques bienfaisantes. Une comédie à part, très loin des grosses ficelles des succès du box-office du moment. Si vous ne l’avez pas déjà vue, courez-y vite… après avoir lu ce Grand Entretien.

Robin : Cette année, on vous voit beaucoup. Il paraît que c’est l’année Dupontel ! Qu’en pensez-vous ?
Albert Dupontel : Je n’accorde pas d’importance à ça. Il est vrai que je suis à l’affiche de plusieurs films cette année. Je crois juste que c’est le temps qui vous donne raison. Bernie, dix ans après sa sortie, est parti comme des petits pains en DVD. Pour moi, cela signifie qu’il y avait une légitimité à faire ce film et que le temps ne l’use pas.

Trois ans pour Bernie, cinq ans pour Enfermés dehors, cela ne semble pas facile pour vous de mener vos projets à leur terme. Vous aimez cette forme d’adversité ?
Je ne cherche pas les emmerdements, loin de là. Mais l’histoire d’un SDF qui sniffe de la colle et va manger à l’œil dans un commissariat parce qu’il trouve un uniforme de flic, ce n’est pas le genre d’histoire qui rassure les investisseurs, surtout la télévision. Ça fait un peu peur quand on lit le scénario et qu’on imagine un tel film qui sera diffusé en début de soirée sur France 2. Quand ils ont vu que c’était tout public, ils étaient très contents. L’attente un peu triviale du financement ou la caméra qui tombe en panne en plein tournage sont frustrantes et pas toujours faciles à accepter. Alors quand c’est fini, on est fier et on se dit : « mon cher Albert, tu l’as fait ! »

Comme dans Bernie, on est pris de tendresse, pour le héros d’Enfermés dehors qui se montre pourtant d’une extrême violence. Comment parvenez-vous à nous rendre vos personnages si sympathiques ?
Il s’agit d’un cas social très émouvant que j’ai choisi de traiter par le folklore. Le personnage est très sain. Si je n’avais pas cette empathie pour mes personnages, je ne ferais pas ces films. Finalement tous portent en eux un peu le même bonhomme, névropathe, enfant perdu naïf, débordant de tendresse mais aussi de violence et d’énergie mal canalisée.

Est-ce la marginalité qui vous inspire ?
Franchement, je n’en sais rien ! Ma mère me rappelait qu’à l’école primaire - bon d’abord j’ai été viré à quatre ans de l’école… - un de mes meilleurs potes pesait cent kilos. En plus de ses problèmes de poids, il avait deux ou trois ans de retard. Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours été attiré par les derniers de la classe. Tout en étant un élève tout à fait potable. Pendant longtemps je me suis dit que c’était pour prouver ma dominance (rires) et en fait je ne crois pas. C’était de la pure empathie. Quand je vois un film de Depardon ou de Ken Loach, je suis très sensible à ces personnages en marge. Ils me touchent, me parlent, m’inspirent. J’aime beaucoup les tarés. Il y a une phrase de Cioran qui dit : « Les tarés sont intéressants car d’une certaine façon ils prédisent l’avenir du monde. » Nous l’avions mis en exergue de Bernie, puis nous l’avons viré. Ça faisait trop sérieux ! Je suis persuadé qu’on peut faire des films divertissants et populaires en parlant de ça. On n’est pas forcé de chercher des sujets vaudevillesques pour faire rire dans les salles.

Suite...

COMMUNIQUE
DU 21 AVRIL


Faute de lecteurs et d’annonceurs en nombre suffisant, faute d’investisseurs pour relayer notre initiative, j’ai décidé de suspendre la parution du magazine ROBIN, le temps de trouver les moyens financiers nécessaires à son développement.

Pour écrire au journal :
direction@robinpresse.com

Pour installer un magazine masculin dont la ligne éditoriale ne s’appuie pas sur le trinôme « sexe, fric et humour gras » et qui réponde à la révolution masculine en cours, il faut du temps, sans doute plusieurs années, et des investissements conséquents.
Ce temps sera mis à profit pour initier dès les prochaines semaines un vrai rendez-vous sur le web qui permette aux 20 000 lecteurs séduits par ROBIN de retrouver de façon plus interactive notre approche du « masculin sensible ».
Je voudrais remercier tous ceux qui ont contribué à rendre cette aventure possible : journalistes, illustrateurs, photographes, fournisseurs et prestataires, dépositaires et marchands de journaux… ; tous les médias qui ont salué la naissance de ROBIN ; les annonceurs qui nous ont suivis et bien sûr les lecteurs qui nous ont encouragés.
Même si je comprends leur déception, même si nous sommes tous conscients des imperfections du magazine, à la mesure de notre enthousiasme et de nos moyens humains, je voudrais leur dire qu’ils peuvent être fiers d’avoir ouvert une voie et fait résonner un nouveau discours masculin.
Soyons beaux joueurs : nous avons tenté le pari d’une presse masculine différente et - à ce jour - nous avons perdu, laissant le champ libre aux « tripes » potaches et télévisuelles.
Dans les Feuillets d’Hypnos, René Char écrivait : « Sommes-nous voués à n’être que des débuts de vérité ? » En avance sans doute, « début de vérité » à sa manière, le masculin sensible est une espèce en voie d’apparition. Nous en reparlerons.

Christian Robin
Directeur de publication